Interview

 2e Forum Logistique Afrique – Gearing up Africa – du 21 au 22 mars 2018

 

Quel est votre diagnostic sur les chaines logistiques en Afrique? 

 

Elles ont beaucoup progressé ces dernières années, notamment sur la partie maritime et portuaire, mais de nombreuses difficultés persistent et sont d’autant plus visibles aujourd’hui. Les acteurs du secteur ont su développer des plates-formes portuaires aptes à traiter le flux grandissant de biens importés.
Ainsi, Bolloré Transport & Logistics opère aujourd’hui 17 concessions portuaires, et y aura investi plus de 3 milliards d’euros sur 10 ans.
Cependant le reste des maillons de la chaine n’a pas suivi à la même vitesse, causant des situations d’engorgement, de congestion urbaine, et d’isolement de l’hinterland. Dans les zones urbaines, le besoin de mieux structurer le stockage et la distribution des marchandises saute aux yeux. C’est la volonté des acteurs locaux, qui transforment leurs opérations, et celles des nouveaux entrants internationaux, qui cherchent eux aussi à toucher plus efficacement les consommateurs finaux. Enfin, Les Etats agissent pour faire croitre la fabrication et transformation locales grâce à la création de zones franches douanières, au sein desquelles la fluidité du trafic conditionne la compétitivité. Les gouvernements ont compris l’intérêt et la nécessité d’être « business friendly » et agissent pour faciliter les échanges entre pays (traités de commerce privilégiés, titre unique douanier) et auprès des entreprises présentes localement (guichets uniques).    



Comment progresser efficacement dans les années à venir ?  



Face à ces besoins très structurants, acteurs publics et privés doivent avancer ensemble et de façon organisée. Tout en continuant à mener des actions pour lever les freins aux échanges économiques, il s’agit maintenant de fluidifier le trafic de marchandises en lien avec la croissance économique. De nombreux projets d’infrastructures ont récemment vu le jour : extensions de ports et d’aéroports, modernisation d’axes routiers régionaux, programme de contournement routier des métropoles, développement du rail. Concernant les grandes villes, on voit apparaitre de nombreux projets de ports secs, c’est-à-dire des plates-formes de décongestion portuaires à l’intérieur des terres. Cette solution est efficace pour décongestionner les ports, enclavés dans les centres villes. D’autre part, les besoins croissants de la grande consommation et de la grande distribution demandent la création de vastes entrepôts, aux meilleurs standards internationaux et adaptés à la circulation des camions. L’idéal serait de localiser ces nouveaux parcs logistiques à la périphérie des villes, les rendant efficaces à l’import comme à l’export. Enfin, il y a un enjeu très important de désenclavement des pays sans façades maritimes. Il s’agit de miser sur des solutions intermodales, rail-route ou route-fleuve, pour fluidifier le trafic.    



Que propose Bolloré Logistics en réponse à ces tendances de fond?  

 

Présents sur le continent depuis plus de 50 ans, nous sommes aux avant-postes de ces changements structurants et jouons un rôle moteur dans la transformation logistique du continent. Opérateur portuaire leader, nous sommes force de proposition pour moderniser les infrastructures et concevoir des solutions pour fluidifier le trafic. Concernant la logistique contractuelle, notre approche est résolument ambitieuse dans chacun des 46 pays que nous couvrons. Ainsi, même si nous sommes déjà présents dans 30 pays avec 100 entrepôts gérés par WMS, nous investissons 100 millions € sur 2 ans pour la modernisation de nos sites, principalement sur 8 hubs régionaux. Ceux-ci sont situés là où la consommation de la classe moyenne est la plus forte et ont également un rôle de distribution de et vers les pays enclavés. Nos investissements sont principalement immobiliers là où c’est nécessaire mais concernent aussi les équipements spécialisés, les systèmes IT et la formation des équipes. Concernant les pays enclavés, là où nous sommes opérateurs de transport ferroviaire ou de transport par barge, nous mettons en œuvre des solutions intermodales. Nous développons en permanence de nouveaux corridors d’acheminement à l’import et à l’export pour faciliter les échanges. Et tous les jours, grâce à notre couverture logistique dans 106 pays dans le monde, nous contribuons aux échanges entre l’Afrique et le reste du monde ainsi qu’aux échanges intra-africains, en accompagnant les développements d’affaires sur les secteurs traditionnels de l’économie comme sur les nouvelles industries de transformation locales comme le textile et les soft commodities.

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